Un Conte de Noël, A Christmas Story

(My second attempt at translating one of my short pieces into French, as a language learning exercise, with much help from my tutor, whose name I will not mention—to protect him from scandal if the translation is just too horrible, to the extent that it would make French cows fall over dead.)

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Dans un conte de Noël, il s’agit parfois d’un respect pour la neige, de joues froides jusqu’à une sensation de brûlure, de chausettes mouillées, de l’odeur de punch à la goyave, avec aussi des pommes et de la cannelle, de la chaleur du poêle à bois qui se mêle à l’odeur de pain d’epice qui cuit dans le four, des poignées en tissu à moitié brûlées, avec des corbeaux imprimés, pour protéger les doigts, d’une tante qui joue des chansons françaises au phonographe et, se pâmant à moitié, qui se couche ses mains écartées juste au-dessus sa poitrine semblable à celle d’une colombe, poitrine qui sent un tant soit peu la poudre de talc et la naphtaline.

Elle était catholique, moi protestant dilué, et c’était à cause de l’Eglise qu’elle restait seule, disait-t-elle, parce que les hommes d’Irlande n’avaient jamais appris à aimer les femmes, seulement la Vierge, et avaient tendance à s’abuser d’elles, et d’eux memes aussi, à cause de la mise en garde des religieuses de ne toucher personne, même pas avec le coeur.

Je n’avais aucune idée de ce dont elle parlait, sauf que je me demandais comment cela serait de la toucher, peut-être quand elle dormirait et ne serait pas si triste. J’avais 15 ans et j’étais curieux des corps, pas le moins du monde du mien. Dans un moment de confiance discutable, j’ai dit à mon père que je me interrogeais sur le corps des femmes. Il ôta sa pipe de sa bouche y me dit que c’était bien et assez naturel comme ça, et puis il grommela que je ne devrait pas mettre personne enceinte.

Cette remarque m’a causé un certain embaras et je crois que je rougis beaucoup—ce qui faisait qu’il était plus difficile de me voir comme l’homme qu’était mon père, ce que je voulais être. Il avait percé sans effort mon secret le plus profound, qui avait massivement à voir avec la conspiration de la nature pour susciter des bébés.

Le nom de ma tante était Georgina, et je suppose qu’elle n’avait pas plus de 25 ans à ce moment. Elle avait déjà une réputation dans notre famillie de ne pas être responsable de soi-même ou de toute autre chose. Avec régularité, elle oubliait de retirer des choses du poêle, ou de reserrer les couvercles des pots. On devait veiller à ce que le contenu—des flocons d’avoine, par example, ou du pop-corn—maintenu par son couvercle, ne glisse ni ne s’écrase sur le plancher de la cuisine, un sol en pin douglas à grain droit, créant ainsi deux gâchis au lieu d’un.

Georgina aimait le punch à la goyave de ma mère—un fruit qui était expédié de Floride chaque hiver par son frère Antonio et qui arrivait à moitié pourri. Georgina aportait sa tasse vers notre salon non chauffé et la-bàs y ajoutait du Sherry. Elle me laissait le goûter et je pensais qu’il avait un goût horrible, sauf qu’il la rendrait moins préoccupée pour les jeunes hommes d’Irlande qui à leurs 40 ans vivaient encore avec leurs mères et passaient trop de temps dans les pubs en buvant de la Guinness et en écoutant les violoneux torturer leurs cordes avec des gigues et des reels pleins de colère, se plaignant tout le temps que l’Irlande devrait se battre aux côtes les Allemands.

Un soir, vers Noël, à travers la neige qui tombait, mes parents ont conduit leur Ford break 1943 à un cocktail à la fin d’une route sombre de Nouvelle-Angleterre, où vivaient deux célibataires allemands, Herbie et Hans Wanders, qui ne parlaient jamais allemand en public à cause de la guerre. Cela nous laissa, Georgina et moi, seuls dans la maison. Un pot de punch à la goyave était posé, pensif, au borde du poêle. Georgina le poussa avec une poignée aux corbeaux brûlés là où il se réchaufferait, pendant que je la regardais. Puis elle se versa une tasse et se dirigea vers la salle de séjour. Je la suivis, parce que à bien des égards elle était mon guide. Elle cliqua le phonographe, dont l’oeil d’orange s’illumina, le bras plastique prit vie et laissa tomber l’aiguille sur “C’est lui que mon Coeur a choisi” d’Edith Piaf.

Je ne comprenais pas un seul mot de cela et j‘en suis assez sûr, elle non plus. Nous étions assis à côté l’un de l’autre, à la lumière d’un réverbère lointain, sur un petit canapé couvert de fleurs pâles, si proches que nos hanches se touchaient presque et la tasse faisait le va-et-vient entre nous, maintenant enrichis avec le Sherry bon marché de ma mère et j’essayais de ne pas regarder les genoux de ma tante, qui d’une certaine manière s’étaient glissés vers l’avant à partir du bord de la jupe et je pense que je me souviens qu’ils brillaient comme touchés par le clair de lune.

Plus je buvais le breuvage terrible, plus je pensais à des choses—que moi aussi je vivais encore avec ma mère, ainsi qu’ avec mon père, et qu’il était en quelque sorte mal d’être attiré par les genoux exposés de ma tante. Le punch m’avait donné chaud partout, en même temps je me sentais perché sur le bord de la nausée. La chanson était une valse et très sentimental, et juste à ce moment elle m’a pris par le menton, m’a tourné vers elle et m’a donné ce qui a dû être un baiser très anti-catholique directement sur les lèvres.

Sous le choc, je l’ai regardée dans les yeux qui à ce moment ont été illuminés par les phares de la Ford de mes parents, leur voiture qui, revenant plus tôt, faisait crisser la neige et s’arrêta devant la maison. Le pont sur Prospect Creek vers chez les Wanders s’était effondré et mes parents avaient vu le trou béant juste à temps et ils étaient restés assez longtemps pour trainer des branches sur la rue, pour mettre en garde les autres automobilistes qui viendraient. De retour dans la cuisine, tandis que ma mére nous a étudiait, soupçonnant possiblement des couvercles desserrés, mon père a marché vers le téléphone accroché au mur, a dit aux voisines indiscrètes de racrocher leur putain de téléphone et a appelé la police a propos du pont écroulé.

Il s’est fait, que Georgina est partie à New York par le train du matin et est retournée en Irlande par bateau, qui a zigzagué tout le chemin, écrivit-elle, afin d’éviter les torpilles des sous-marins allemands. Et je suis allé vers une vie seulement de temps en temps attirée vers le Sherry et plus souvent vers les goyaves sous toutes les formes à cause de leur odeur enivrante. Je ne vis plus avec ma mère et j’ai souvent pensé à Georgina et à ses genoux, jusqu’au moment où j’ai rencontré mon premier amour et puis, comme les hommes de l’Irlande, je l’ai oubliée.

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